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Messages aux...

Publié par Legrand

Messages aux...

http://reseauinternational.net/messages-aux/

Il s'agit d'une vidéo circulant sur le net : un jeune homme parle aux arabes.

Voir mon commentaire à la fin:

   Je suis arrivé à Paris au début de l’année 1968, venant de ma province et je me suis retrouvé en mai, sans boulot et dans l’incapacité d’en trouver puisque c’était la grève générale. Tous les jours, j’allais faire un tour sur le boulevard Saint-Michel, en observateur, à la Sorbonne, à l’Odéon, rue d’Assas, etc… Tout le monde se déplaçait à pied et il m’arrivait de renseigner les gens sur la direction à prendre, car j’avais visualisé le plan de Paris dans ma tête. Mouna, le béret plein de pin’s et la barbe en bataille haranguait la foule en tenant son vélo qui portait un téléphone rouge sur le guidon. Il y a un livre qui perpétue la mémoire de ce personnage hilarant : "Mouna, Gueule ou crève" par Anne Gallois, préface de Cavanna, dessins de Cabu chez Mémoire pour demain (Clancier-Guénaud) 1988. Quelqu’un lui cria : « Mouna, folklore ». Mouna répondit : « Tu préfères le chlore? » Il vendait son journal intitulé « le mounastère ». A l’Odéon, la salle était pleine, un étudiant déroulait le programme de la révolution. Quelqu’un cria que lui, il défendait son beefteack. Une jeune fille cria : « Moi, je mange des nouilles tous les jours ». Un autre lui répliqua : « Ta gueule, camarade ».
   Dans la cour de la Sorbonne, un type bien gras précisait que lui, il était riche et que de tout ça, il n’en avait rien à faire. Je suis allé écouté Sartre, je n’ai pas compris grand chose. Dans les gradins un type avec un sac à dos qui devait, je crois être compagnon du devoir ou franc maçon, ou les deux, je ne sais plus, s’est levé et a crié en citant un nom que je n’ai pas bien compris : « c’est un imposteur ». Les locaux de la Sorbonne étaient dans un état lamentable, les murs barbouillés de graffitis. Sur les murs étaient placardées les affiches : « il est interdit d’interdire » et « sous les pavés la plage ». Je suis allé à Charletty où Mitterrand et Mendès-France devaient prendre la parole. Je m’attendais à ce qu’ils parlent à 18 heures, je n’avais pas compris qu’ils ne parleraient qu’à l’heure du JT. Je n’ai pas attendu et je n’avais pas la télé.
   Bref, chacun se parlait, riche ou pauvre, ouvrier ou patron, ou même CRS, les groupes se formaient et se dissipaient, j’allais tendre une oreille à chaque tribune. Il m’a été raconté que dans la ville d’où je venais, bordée de forêts et de champs, il y eut une manifestation avec une pancarte portant la mention : « on veut des espaces verts ».
   Ensuite, de Gaulle a trouvé un prétexte pour laisser à d’autres ce pays « ingouvernable », les Français ayant la mémoire courte. Nixon a rompu le lien du dollar avec l’or (l’étalon or étant cher à notre général national). L’inflation a pris le dessus et notre économie n’a fait que décroître alors que notre pays était prospère avec une inflation limitée à 3%.
   Qu’est-ce qui se passe aujourd’hui? Cet été, une plage honorant Tel-Aviv était aménagée au-dessus des pavés, le long de la Seine pendant que les habitants de Gaza souffrent des violences qui leur sont faites et que la Palestine est colonisée dans l’indifférence générale. mais il ne faut pas le dire : c’est de l’antisémitisme, dixit Valls.
   C’est à l’occasion de drames comme ceux de janvier et de novembre qu’on voit les gens se parler sans se connaître. Entre temps, il ne reste que la langue de bois, la bien-pensance et tous les non-dits refoulés à cause notamment des lois liberticides qui font qu’on ne peut plus rire de rien sous peine d’amendes ou de prison. Nous vivons sous la loi des interdits, qu’ils soient nationaux ou européens, concoctés par des technocrates qui n’ont de compte à rendre à personne, mais qui se couchent devant les lobbys qui rédigent eux-mêmes les textes de lois que ces fonctionnaires payés par nos impôts font voter.
   Mais il y a plus grave, j’ai appris que les événements de mai 68 étaient d’abord une révolution bourgeoise et qu’ensuite, c’était le résultat d’une manipulation de la jeunesse française par la CIA pour deux raisons : le général avait retiré la France du commandement intégré de l’OTAN et la France réclamait aux USA l’échange de ses dollars en surplus contre de l’or, comme les accords de Bretton Woods le permettaient.
   Aujourd’hui, la France se trouve à nouveau dans le commandement intégré de l’OTAN, ce n’est pas qu’une affaire d’amitié avec les USA : nous sommes réellement des exécutants aux ordres de Washington. C’est à dire que nous participons manu militari à la réalisation de la stratégie du chaos et du nouvel ordre mondial. La spiritualité n’a plus son mot à dire : elle n’a plus de place dans l’arène, c’est pareil pour la poésie : on n’en parle plus, elles sont forcloses. Il en de même de la démocratie.
   Pour en revenir à cette vidéo, elle me rappelle un peu mai 68, mais ce garçon a le courage de parler et de dire ce qu’il pense en toute honnêteté et sincérité, peu importe s’il dit des inexactitudes ou pas, tout simplement il a réalisé où se situe le niveau du débat : au niveau de la discussion dans la rue, de la discussion entre tous. Car nous ne pouvons plus nous contenter d’entendre nos hommes politiques nous dicter de quelle façon il y a lieu de penser l’actualité : le peuple doit se réapproprier la pensée de la vie politique, c’est maintenant, demain il sera trop tard.
Il sera trop tard car les manipulations, les mensonges, les hypocrisies, les lâchetés ordinaires ou celles plus graves qui se laissent rémunérer seront la cause de la guerre de tous contre tous, c’est à dire la guerre ou plus personne ne reconnaîtra son camp tellement les cartes seront brouillées, falsifiées, dénaturées. Ne plus reconnaître son camp ou se tromper de camp, voilà le pire danger qui guette les peuples. Déjà, notre gouvernement s’est lui-même trompé de camp et nous entraîne à sa suite. Faudrait-il n’en rien dire?

 

Phrases de Mouna  Aguigui :

"C'est en parlant qu'on devient haut-parleur"

"Tous les désepoirs sont permis".

"C'est anormal d'être normal"

etc.

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