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Pétition "sortir de L'OTAN".

Publié par Legrand

Pétition "sortir de L'OTAN".

J'ai signé la pétition : "sortir de l'OTAN". Elle a été adressée aux élus locaux et j'ai reçu une lettre circulaire du sénateur maire Antoine Lefèvre, à laquelle j'ai répondu :

Lettre du sénateur maire :

Madame, Monsieur,

Si l’OTAN évolue aujourd’hui dans un contexte radicalement différent de celui qui a présidé à sa création, il n’en a pas pour autant perdu son utilité. La fin de la guerre froide n’a pas débouché, comme on le pensait à l’époque, sur un monde plus sûr. Au contraire, il se révèle chaque jour plus instable, plus imprévisible et plus dangereux.

Les évolutions du contexte international, marquées notamment par le changement de nature et d’échelle de la menace terroriste et par la fixation d’un arc de crise dans le voisinage immédiat de l’Europe, justifient largement la permanence de l’alliance atlantique.

Il est néanmoins clair que l'OTAN doit se repenser, tant dans son champ d’intervention que dans son fonctionnement. Son évolution permanente en réponse aux nouvelles menaces est la condition sine qua non de sa pertinence, et donc de sa légitimité.

Le prochain Sommet de Varsovie sera en partie consacré à cette question et il me semble fondamental que la France prenne toute sa part à ces réflexions. Dans le contexte actuel, une politique de la chaise vide ne ferait qu’isoler notre pays en signant son renoncement à faire entendre sa voix et à influer sur l’avenir de la sécurité collective de l’Europe.

A ce titre, je crois utile de souligner que l’OTAN reste pour un grand nombre de nos partenaires européens, en particulier à l’Est, le cadre « naturel » de leur politique de défense. Si elle souhaite faire progresser l’idée d’une Europe de la défense, la France ne peut pas faire comme si l’OTAN n’existait pas ou entretenir une ambiguïté sur une éventuelle concurrence avec l’UE.

Dans ces conditions, c’est également par une implication plus forte des Européens, et donc de la France, au sein de l’OTAN que nous pourrons donner davantage corps à l’Europe de la défense.

Concernant plus particulièrement nos relations avec la Russie, force est de constater que de nombreuses maladresses et erreurs d’analyse ont été commises par les Occidentaux, qu’il s’agisse de l’OTAN ou de l’UE, depuis la chute de l’Union soviétique. Elles ne justifient toutefois en rien les actions entreprises par la Russie dans son « étranger proche », qui constituent des violations inacceptables du droit international.

La crise ukrainienne, et avant elle la crise géorgienne, ont légitimement provoqué chez nos partenaires d’Europe de l’Est un profond traumatisme. Il était de notre responsabilité, en tant qu’alliés, de les rassurer quant à notre capacité et notre détermination à dissuader la Russie de poursuivre ce type de comportement.

Pour autant, il n’apparait pas souhaitable d’aller au-delà des mesures déjà engagées, car nous ne devons pas inscrire nos relations avec la Russie dans une logique de confrontation qui ne pourrait aboutir qu’à une escalade des tensions.

Je souhaite que la France plaide, à l’occasion du Sommet de Varsovie, pour une approche équilibrée et constructive vis-à-vis de Moscou, alliant à l’indispensable fermeté une nécessaire ouverture. L’OTAN devra ainsi éviter d’adopter un positionnement qui serait perçu comme agressif et marquer sa disponibilité pour une intensification du dialogue politique.

Dans une résolution européenne adoptée le 8 juin, le Sénat avait d’ailleurs invité le Gouvernement et l’UE à développer une démarche similaire concernant l’actuel régime de sanctions à l’encontre de la Russie.

S’il n’est malheureusement pas encore envisageable à ce stade, notre objectif doit en effet demeurer de nouer, à terme, une relation stratégique solide avec la Russie.

Cordialement

Antoine LEFEVRE

Sénateur-Maire

Ma réponse :

Monsieur Antoine Lefèvre, Sénateur Maire,

Monsieur le Sénateur Maire,

J'ai bien reçu votre e-mail à propos de l'OTAN avec surprise car, personnellement, je ne vous ai pas écrit, je suppose que les auteurs de la pétition "sortir de l'OTAN" ont cru bon de vous écrire en mon nom. Toutefois, je vous remercie d'avoir bien voulu prendre la peine de répondre à cette supposée lettre de ma part.

Ce qui est ennuyeux, c'est que le contenu de cette lettre ne correspond absolument pas à ce que j'aurais dit, si j'en avais eu le désir. J'ai dû cocher la case : "transmettre aux élus" sans avoir vu pu prendre connaissance d'un texte rédigé à cet effet.

Dans cette lettre, il est suggéré d'appliquer la politique de la" chaise vide" au prochain sommet de l'OTAN à Varsovie. Ceci ne correspond nullement à mes idées, aussi je vais vous les exposer au fil de votre lettre circulaire traitant de ce sujet fictif.

Vous dites (1er paragraphe) : Si l’OTAN évolue aujourd’hui dans un contexte radicalement différent de celui qui a présidé à sa création, il n’en a pas pour autant perdu son utilité. La fin de la guerre froide n’a pas débouché, comme on le pensait à l’époque, sur un monde plus sûr. Au contraire, il se révèle chaque jour plus instable, plus imprévisible et plus dangereux.

L'OTAN a été créée après la seconde guerre mondiale en réponse au Pacte de Varsovie. L'Union soviétique se trouvant démantelée, le pacte de Varsovie devenu sans objet, logiquement, l'OTAN n'a plus aucune raison d'exister net il en va de même des bases américaines en Europe. L'Allemagne est restée piégée dans l'OTAN par la présence de bases US sur son territoire et les Etats Unis l'ont aidée à se réindustrialiser entre les deux guerres. Par le biais de l'Allemagne, l'Europe s'est construite sous la houlette des Etats-Unis, suivant leur stratégie basée sur le rapport de force avec la Russie qui est l'ennemie des USA, du simple fait qu'elle existe! (dixit les néo-conservateurs du Pentagone, en abrégé : les "néocons" dont le rêve est la domination de la Russie). Quand le général de Gaulle est arrivé au pouvoir, la CIA avait ses entrées dans nos services de renseignements généraux, il a eu le courage de faire sortir la France du commandement intégré de l'OTAN et de renvoyer les Américains en Amérique. Nous sommes restés dans l'Alliance atlantique : ce n'est pas cela qui est en cause, mais bien notre retour, sous Nicolas Sarkozy, dans le commandement intégré de l'OTAN qui fait de la France un pays aux ordres des va-t-en guerre de Washington. Car l'OTAN, comme l'ONU, sont des annexes de Washington, mais sans doute convient-il de ne pas le dire.

Après la chute du mur de Berlin, il y a eu un accord entre les Présidents Reagan et Gorbatchev qui rendait possible la réunification de l'Allemagne à condition que les USA restent sur leurs positions existantes, sans chercher à étendre leur influence. Les engagements américains n'ont pas été respectés par G.W. Bush et au fil du temps, l'OTAN s'est positionnée en encerclement de la Russie au prétexte de contrer de supposées intentions malveillantes de l'Iran. Les USA ont poussé à la roue pour faire entrer les anciens pays de l'Est dans l'Europe et ces derniers se sont empressés de souscrire à la "couverture" militaire de l'OTAN, ce qui fait qu'aujourd'hui une bonne partie de l'UE adhère à l'OTAN, se croyant ainsi protégée d'une guerre éventuelle (forcément initiée par la Russie, suivant la propagande habituelle des USA).

Mais il n'en est rien, l'UE n'est nullement protégée par l'OTAN, tout au contraire, elle est exposée en première ligne, entre les deux protagonistes que sont la Russie et les USA. La preuve en est ce qui s'est passé en Yougoslavie : la guerre du Kosovo résulte des manigances, des trahisons et des mensonges des Américains pour démanteler la Yougoslavie, un pays trop fort aux yeux de l'OTAN : il est beaucoup plus facile de régner sur des pays minuscules. La preuve en est également la crise en Ukraine : Hillary Clinton a déclaré que les USA avaient dépensé 5 milliards de dollars pour fomenter la crise en Ukraine et mettre en place, par le moyen d'un coup d'état ce Porochenko, animé de sentiments nazis. L'Occident accuse Vladimir Poutine d'avoir annexé la Crimée, mais la Crimée avait toujours été russe avant que Nikita Krouchtchev ne la transfère à l'Ukraine en 1954 et quand Porochenko a décrété l'interdiction de la langue russe, les Criméens ont réclamé leur rattachement à la Russie, ce que le Président Poutine a favorisé, pour protéger les Criméens de la violence des putschistes ukrainiens. Et puis il y a le port de Sébastopol : pensez-vous que Vladimir Poutine pouvait laisser l'OTAN prendre possession du port de Sébastopol, apte à recevoir des sous-marins, par les forces de l'OTAN, leur livrant ainsi l'accès à la Russie par la mer? Vladimir Poutine n'a fait qu'accomplir son devoir : celui de protéger son pays et ses compatriotes et j'aimerais que nos dirigeants en France et en Europe soient aussi attentifs à la sécurité de leurs pays et de leurs peuples. Actuellement, nous ne sommes pas dans cette configuration et c'est pour le moins regrettable. Au plus fort de la crise ukrainienne, la déléguée américaine en Ukraine, Victoria Nuland a dit textuellement : "Fuck the UE"! Qu'avaient à faire les USA en Ukraine? Il est question qu'Hillary Clinton puisse la nommer comme "diplomate" dans son futur gouvernement, si elle est élue. Si cela se produit, que dira l'Europe face à ce personnage répugnant? Dira-t-elle : "nous ne voulons pas parler avec elle? Et si Hillary Clinton précise : "Il en est ainsi et pas autrement", l'Europe répondra-t-elle : "Alors, nous ne voulons plus parler avec vous, vous pouvez rapatrier vos bases militaires"? J'ai oublié le nom de ce représentant Us qui a dit : "L'Europe? C'est qui? C'est quel numéro de téléphone?" (peut-être Henry Kissinger?). Dans le même temps que l'intervention de Victoria Nuland, Vladimir Poutine a fait la remarque suivante : "Pour parler des affaires européennes, il faut aller à Washington". Et vous justifiez le maintien de l'OTAN par l'accroissement de l'instabilité alors que c'est l'OTAN qui en est responsable en premier lieu. Ce qui nous amène à votre second paragraphe qui fait référence à "la fixation de cet arc de crise dans le voisinage immédiat de l'Europe".

Les évolutions du contexte international, marquées notamment par le changement de nature et d’échelle de la menace terroriste et par la fixation d’un arc de crise dans le voisinage immédiat de l’Europe, justifient largement la permanence de l’alliance atlantique.

Cet arc de crise n'est pas situé aux frontières de l'Europe par le fait de la Russie, mais bien aux frontières de la Russie par le fait d'une agression de la part des forces de l'OTAN. La propagande des USA consiste à présenter Vladimir Poutine comme un méchant dictateur avec des visées hégémoniques, ce qui est complètement faux. La Russie ne veut pas la guerre, elle a payé un lourd tribut en vies humaines contre l'armée nazie, qu'elle a vaincue au prix de plusieurs dizaines de millions de morts. Quand les alliés ont débarqué, les nazis étaient vaincus sur le front de l'Est. La France n'a même pas daigné participer à la commémoration du 70ème anniversaire de cette victoire à Moscou. Les pertes humaines alliées sont de l'ordre de 100 fois moins, les "dégâts collatéraux" en Normandie, aussi énormes qu'injustifiables, mais ils passent pour les seuls vainqueurs héroïques de la seconde guerre mondiale... La Russie ne veut pas la guerre mais, échaudée par les manigances, les mensonges et les trahisons des Américains, elle s'y prépare. Ce n'est pas la Russie qui a des centaines de bases militaires dans le monde, mais bien les USA. Le Président russe a simplement compris la leçon que si l'on désire garantir la paix pour son pays, alors, il faut préparer la guerre, mais à chaque réponse de la Russie aux agressions américaines, la propagande US "dénonce" le soi disant comportement impérialisme de la Russie. Le Président Poutine garde son sang-froid.

Et vous évoquez la menace terroriste qui justifierait largement la permanence de l'Alliance atlantique. Tout d'abord, l'Alliance atlantique et l'OTAN sont deux choses différentes à ne pas confondre. De Gaulle avait maintenu la France dans l'Alliance atlantique et elle y est restée. Pour ce qui est de la menace terroriste, les USA en sont particulièrement responsables. Ils se sont servis de Ben Laden et du mouvement Al-Qaïda en Afghanistan contre la Russie dans l'espoir qu'elle s'y enliserait comme eux se sont enlisés au Vietnam. Ils ont envahi l'Irak et détruit ce pays complètement étranger à l'attaque du 11 septembre 2001, conduisant à la pendaison de Saddam Hussein et dressant les Sunnites contre les Chiites avec pour conséquence la naissance du soi disant Etat islamique dont Mac Cain a fréquenté son chef, al-Baghdadi, des photos le prouvent. Hillary Clinton a participé à tous les "coups fourrés", notamment au Nicaragua, en Libye avec pour conséquence la montée en puissance des islamistes financés et armés par les USA, la Turquie, les pays du Golfe, et soignés dans les hôpitaux israéliens. Il en va de même pour la Syrie où la France a contribué à armer les islamistes d'Al-Nosra, soi disant rebelles modérés (dans la façon d'égorger les chrétiens, sans doute?) et qui ne sont que la branche syrienne d'Al-Qaïda. Et Fabius de clamer : "Al-Nosra fait du bon boulot en Syrie"! Le voici maintenant au Conseil Constitutionnel!

Il est néanmoins clair que l'OTAN doit se repenser, tant dans son champ d’intervention que dans son fonctionnement. Son évolution permanente en réponse aux nouvelles menaces est la condition sine qua non de sa pertinence, et donc de sa légitimité.

Non, l'OTAN n'a aucune pertinence et elle ne peut pas en avoir : elle fonde sa domination sur le mensonge et sans doute, le chantage, elle n'a plus aucune légitimité en Europe. Le mensonge nous est servi au quotidien par les médias subventionnés par l'Etat et le mensonge n'est que la reprise de la propagande américaine destinée à accoutumer les peuples à la justification de l'inévitabilité des guerres fomentées par le Pentagone. La clause de solidarité nous implique de manière automatique dans des guerres qui ne sont pas les nôtres.

Le prochain Sommet de Varsovie sera en partie consacré à cette question et il me semble fondamental que la France prenne toute sa part à ces réflexions. Dans le contexte actuel, une politique de la chaise vide ne ferait qu’isoler notre pays en signant son renoncement à faire entendre sa voix et à influer sur l’avenir de la sécurité collective de l’Europe.

Cette politique de la chaise vide, préconisée par je ne sais qui, n'est d'aucune utilté, elle n'est qu'une ineptie du simple fait que les absents ont toujours tort; de toute façon, la France est complètement vassalisée, la seule initiative courageuse est de dire : "Nous ne voulons plus jouer avec vous". Y a-t-il encore un général français capable de le dire? Je ne vois pas d'homme politique actuel en capacité de relever ce défi. Et pourtant, il le faut. Quand nos faux amis nous entraînent dans des aventures dramatiques, la sagesse est d'en changer.

A ce titre, je crois utile de souligner que l’OTAN reste pour un grand nombre de nos partenaires européens, en particulier à l’Est, le cadre « naturel » de leur politique de défense. Si elle souhaite faire progresser l’idée d’une Europe de la défense, la France ne peut pas faire comme si l’OTAN n’existait pas ou entretenir une ambiguïté sur une éventuelle concurrence avec l’UE.

Dans ces conditions, c’est également par une implication plus forte des Européens, et donc de la France, au sein de l’OTAN que nous pourrons donner davantage corps à l’Europe de la défense.

L'Otan n'est pas un cadre naturel de défense, c'est un cadre devenu obsolète et insupportable. Notre système de défense doit tenir à l'intérieur du continent européen et ne doit pas dépendre d'un continent situé au-delà de l'Océan Atlantique. L'Europe s'est constituée sous la houlette des USA, ce n'est pas une chose naturelle, mais une anomalie qui n'aurait pas dû se produire. L'OTAN est dans la place, nous ne pouvons pas l'ignorer, bien sûr, mais il faut envisager avec sérieux une marche (qui peut-être longue, vu l'état actuel de la situation) vers les sevrage de cette tutelle qui vassalise l'Europe. Les pays européens ne seront jamais maîtres de leur destinée s'ils ne se délivrent pas de son emprise. Les USA n'ont aucun désir de renoncer à leur suprématie et il va falloir batailler dur. Vouloir augmenter notre présence dans cette organisation en croyant pouvoir influer davantage est un leurre ! Les USA ne partageront jamais leur pouvoir, avec qui que soit. Ils ne savent qu'asservir les autres.

Concernant plus particulièrement nos relations avec la Russie, force est de constater que de nombreuses maladresses et erreurs d’analyse ont été commises par les Occidentaux, qu’il s’agisse de l’OTAN ou de l’UE, depuis la chute de l’Union soviétique. Elles ne justifient toutefois en rien les actions entreprises par la Russie dans son « étranger proche », qui constituent des violations inacceptables du droit international.

La crise ukrainienne, et avant elle la crise géorgienne, ont légitimement provoqué chez nos partenaires d’Europe de l’Est un profond traumatisme. Il était de notre responsabilité, en tant qu’alliés, de les rassurer quant à notre capacité et notre détermination à dissuader la Russie de poursuivre ce type de comportement.

Les erreurs sont nombreuses, effectivement, notamment celle qui consiste à invoquer sans cesse le comportement de la Russie. Qui viole le droit international? Qui a envahi l'Irak? Qui a détruit la Libye? Qui veut faire partir Bachar al-Assad alors qu'il a été légitimement élu par son peuple? Qui intervient dans tous les pays du monde? Si c'est pour retranscrire la propagande étasunienne, il est inutile de m'écrire, je la connais, si un pays est respectueux du droit international, c'est bien la Russie et non pas les USA.

Je ne vous parlerai pas du Nouvel Ordre Mondial ni de la stratégie du chaos : c'est "politiquement incorrect", comme il se dit couramment aujourd'hui, parler de cela enferme votre propos dans la "théorie du complot" et le disqualifie.

Cependant, il faut quand même prendre conscience que le mouvement migratoire n'est pas un accident et qu'il entre dans une stratégie bien orchestrée, financée par les ONG américaines, elles-mêmes alimentées par les magnats de la Finance. Ce n'est pas un hasard si Vladimir Poutine a expulsé de son pays toutes ces ONG étrangères qui s'ingèrent dans les pays ciblés pour espionner et fomenter les troubles. Ce n'est pas un hasard non plus si l'action militaire de la Russie en Syrie a été plus efficace en quelques mois que l'action américaine en plusieurs années. La raison de cette efficacité est bien simple : Vladimir Poutine veut éradiquer les islamistes avant qu'ils ne viennent contaminer la Russie, soutenus par les USA. Ces derniers comptent bien faire durer la guerre car elle active le lucratif commerce des armes. Ils ne font pas les guerres pour les gagner, mais pour instaurer le chaos qui leur est le plus profitable. Durant les trêves, les USA, la Turquie et les pays du Golfe réarment les islamistes qui paient avec la vente du pétrole volé aux pays attaqués. Le produit de la vente sert également à rémunérer les mercenaires venus de tous les pays du monde, sous le prétexte de la religion. L'ancien Président de la société ELF (devenue TOTAL), Loïk Le Floch Prigent a révélé que l'Arabie saoudite est acheteuse de ce pétrole, pour son propre compte, ainsi que la Turquie qui a fourni les gaz aux islamistes pour monter le scénario du gazage de Syriens, attribué de manière machiavélique à Bachar al-Assad pour déclencher des bombardements américains. Et François Hollande d'attribuer la légion d'Honneur à ce prince saoudien au prétexte de la lutte anti-terroriste! Nous marchons sur la tête.

Je ne parlerai pas non plus du TAFTA qui n'est que l'aspect économique de l'hégémonisme américain, il va de pair avec l'avancée de l'OTAN (jusqu'en Australie!). Quand aux sanctions, elles sont d'une imbécillité innommable. D'abord l'affaire du Mistral, quand on a signé un contrat, la règle du commerce consiste à l'honorer jusqu'au bout, surtout quand le partenaire a réglé ce qu'il devait. C'est une règle élémentaire qui ne souffre pas de discussion. Dans cette affaire, non seulement la France a été sous influence, mais de plus elle a agi à l'encontre de ses propres intérêts comme toute la suite des autres sanctions qui mettent l'existence de nos agriculteurs en péril alors que les USA continuent de commercer avec la Russie comme si de rien n'était : "Faites ce que je dis, pas ce que je fais" et la France obéit! Le plus dommageable dans tout ceci, c'est que Vladimir Poutine affirme qu'il n'a pas de rancune et qu'il est prêt à retravailler avec l'Union européenne. Dans un discours, il a repris l'idée de de Gaulle : "l'Europe de l'Atlantique à l'Oural" en l'étendant de Lisbonne à Vladivostok. En attendant, la Russie se rapproche de la Chine, non pas contre l'Europe, mais en position de défense envers les USA et nous perdons nos parts de marché avec notre partenaire historique, notamment en matière maritime!

Monsieur le Sénateur Maire, vous représentez un parti politique issu du gaullisme. Que reste-t-il aujourd'hui du gaullisme? Quelqu'un le représente-t-il encore dans votre parti? De Gaulle avait rétabli la souveraineté de notre pays et avait échangé des dollars en excédent contre de l'or. Nicolas Sarkozy en a vendu alors qu'il est impératif d'en avoir de bonnes réserves en vue d'affronter la crise interminable que nous vivons, aux plans économique et financier, crise qui s'oriente vers la refonte du système monétaire mondial (par le biais des Droits de Tirage Spéciaux du FMI, qui seront constitués d'un panier de monnaies dont l'Euro et le Yuan). Il faut prendre connaissance des discours de Vladimir Poutine, notamment à la tribune des Nations Unies. La pertinence de ses propos est d'une autre qualité que celle des allégations otaniennes. Les propos de Sergueï Lavrov revêtent pareillement un immense intérêt, mais il faut aller consulter des sites spécialisés dénommés "réseaux sociaux", tels que Valmy, Voltaire et autres réseau international, etc. Il se trouve qu'on y découvre des vérités inattendues, différentes de ce que nous assènent les médias constitués.

J'en arrive à la fin de mon propos et je me pose certaines questions douloureuses : devant cette soumission des dirigeants politiques à l'hégémonisme américain aussi dangereux et contraire aux intérêts de notre pays et des pays de l'UE, devant ces efforts insensés pour "expliquer" aux gens l'inexplicable, l'injustifiable, j'en viens à me demander : "Quelle est la contrepartie? Ces représentants des peuples, ces journalistes, ces commentateurs sont sous influence, de quelle nature est-elle? Chantage, menaces personnelles, valises de dollars, qu'en sais-je?". Ne vous offusquez pas, Monsieur le Sénateur Maire, je ne vise personne en particulier, ce sont des choses qui arrivent, il se peut que cela se fasse simplement par "amitié". Ces questions que je me pose, je ne suis pas seul à me les poser. Beaucoup ont renoncé à voter, d'autres sont prêts à tenter l'expérience d'une alternative extrême, celle qui résulte du désespoir... Pour ce qui me concerne, je relève le défi : je soulève les problèmes et j'attends des réponses pertinentes, exprimées en langage vrai.

Dans un sens, Monsieur le Sénateur Maire, votre langage est un langage de vérité : tout simplement, il exprime la réalité de l'impuissance de notre classe politique. Je ne fais là que relever l'alerte qui résonne partout en France et que les hommes politiques semblent ignorer, au mieux, font semblant de ne pas entendre, sans doute parce qu'ils s'imaginent que le peuple français n'est pas majeur et qu'il convient de le "rassurer" sans cesse en s'empressant de "mettre sous le boisseau" les questions qui les mettent en difficulté.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Sénateur Maire, l'expression de mes salutations distinguées.

Charles André Legrand, le 21 juin 2016

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