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12 Feb

Des autocars Rothschild au service des pauvres?

Publié par Legrand

Des autocars Rothschild au service des pauvres?

Des autocars Rothschild au service des pauvres ?

 

Rothschild mène à tout : Bercy, l’Élysée ou Flixbus.

M. Macron est connu pour une loi attachée à son nom et censée résumer son positionnement et son projet politiques : un bus les symbolise. Un bus transfrontière, libéré, concurrent de la SNCF. Tout un programme, donc : la liberté de la jeunesse voyageuse et cosmopolite, et le libéralisme qui ose s’attaquer à un symbole monopolistique. Libéral-libertaire, quoi ! Avec Macron, le bonheur est dans le bus !

On s’est souvent demandé comment notre banquier de chez Rothschild – petit génie, paraît-il, des fusions-acquisitions – avait pu devenir le promoteur de cette loi sur les bus.

Eh bien, il faut croire que, chez Rothschild, on devait en rêver, des voyages en bus pas chers, lors des difficiles négociations feutrées qui se terminent tard dans la nuit.

En effet, au moment où notre jeune ministre de l’Économie faisait voter sa loi, en juillet 2015, l’un de ses collègues chez Rothschild, Yvan Lefranc-Morin, était nommé, lui, chez Flixbus, une start-up exploitant des bus dans toute l’Europe et qui a profité puissamment de la libéralisation Macron, multipliant les acquisitions et les bénéfices. Flixbus, dans les starting-blocks au moment de l’entrée en vigueur de la loi Macron, a très vite tissé sa toile sur toutes les lignes interrégionales de France.

Une vraie réussite pour ce jeune banquier qui est passé de chez Rothschild, lui, à la vie heureuse de Flixbus, où il fut directeur du développement de FlixBus France depuis son lancement, et qui est, depuis quelques mois, directeur général, quand Macron quittait le gouvernement pour gravir sa dernière marche. Puisque c’est le scénario que vous êtes priés d’applaudir.

Deux beaux parcours parallèles, donc, qui montrent que Rothschild mène à tout : Bercy, l’Élysée ou Flixbus. Et puis, tout cela est tellement bien orchestré : un gars de chez Rothschild passe à Bercy pour déréguler, et un autre développe une start-up qui s’empare du marché.

Rien d’illégal, non, puisque M. Macron a changé la loi pour que les choses se fassent, bien comme il faut. Pas de conflits d’intérêts. Éthique ? Moral ? Oui, regardez : les gens sont heureux de voyager en bus ! Des entreprises s’enrichissent, en rachètent d’autres : ça fait travailler les banques, fusions-acquisitions ! La boucle est bouclée. Transparence ? Bon, ils ont bossé ensemble chez Rothschild, et alors ?

Mais n’est-il pas surprenant qu’une telle attention ait été portée à la libéralisation de ce secteur aux perspectives prometteuses et lucratives pour ses pionniers et investisseurs avisés, son marché potentiel avoisinant le milliard d’euros, quand on sait qu’il s’agit là d’un moyen de transport peu utilisé et certainement pas écologique ?

En outre, que ce secteur soit soudainement considéré comme un formidable gisement d’emplois alors que d’autres thèmes et secteurs prioritaires n’ont jamais été abordés par le ministre lorsqu’il était en poste à Bercy demeure un mystère. Le nombre d’emplois créés, s’élevant à 1.400 embauches, reste d’ailleurs à ce jour très inférieur aux 22.000 emplois prévus par la commission qui a contribué à l’élaboration de cette loi !

Tiens, M. Macron est-il sur le point de déréguler le secteur des pharmacies ? Allez, n’allez pas me dire que des copains à lui de chez Rothschild ont créé Flexipharma ! Non, là, c’est différent : l’Autorité de la concurrence, le 6 octobre dernier, a autorisé la prise de contrôle exclusif du groupe de pharmacies indépendantes Lafayette par le fonds d’investissement Five Arrows Managers, filiale du groupe Rothschild.

Hugues Casabianca

 

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