Présentation
Pistes
Il faut bien saisir le poème / quand il surgit / où que ce soit. C’est l’instant numineux, décrit par Carl Gustav Jung, l’instant privilégié qui survient, qu’il faut apprendre à reconnaître.
Chez Charles André Legrand, la poésie est liée à la quête spirituelle qui n’est pas un repos, mais un chemin de vie.
Cette quête s’origine dans divers instants numineux qui interpellent l’être dans son entier et soulèvent une spiritualité naissante d’autant plus affirmée que le projet est aussi de la dire, de la sortir du silence lié à la solitude propice à la singularité de ces instants. Mais les concepts ne rendent pas tout le compte de la réalité et la spiritualité se nourrit aux choses les plus simples, ce que le poète propose au regard en quelques mots, quelques images, parfois accentués.
Ainsi le vol de l’oiseau demeure un magnifique mystère de la nature et prend place dans l’espace symbolique de la quête. Les spectacles naturels prêtent à embarquer, ne serait-ce que pour une croisière immobile à l’instar du goéland, qui fait du sur-place dans le vent marin.
La poésie est aussi un jeu, comme la « lîlâ » de l’hindouisme qui est le jeu auquel s’adonne l’Etre suprême. De ce point de vue, l’être spiritualisé participe à la lîlâ. Et c’est peut-être aussi une certaine façon pour le poète de ne pas se prendre tout à fait au sérieux que d’adresser un Oyez ! qui s’introduit comme un Olé ! accompagnant cette farandole.
Sous la forme classique, on peut voir un jeu en salut aux anciens. Et si l’on perçoit des accents mallarméens, c’est peut être le lieu d’un autre jeu avec la philosophie pure dialectisante et dualiste (la vie / la mort ; l’être / le non-être, etc.) que le poète entend dépasser.
Philosophie et poésie se rencontrent-elles ? Elles peuvent s’opposer si, par exemple, le penseur contemporain engagé et rationaliste qui a délaissé le questionnement classique de l’être (et les philosophies de la Présence) au bénéfice des problématiques de l’existence sociétale, ne perçoit chez le poète qu’une certaine complicité avec le monde, étrangère à ces problématiques.
Se complètent-elles ? Elles ne sont pas tout à fait opposées et encore moins ennemies lorsqu’elles prennent appui sur ce fond commun précieux que sont ces instants privilégiés, éphémères et rares qui surgissent et qui échappent tant à l’analyse qu’à la communication. Car ils ne sont pas des faits de société, mais des événements personnels difficilement exprimables et saisissables. La poésie n’est-elle pas le langage privilégié pour en rendre compte ?
Est-ce là cette alchimique sœur / De philosophie aboutie à ce hameau ? Et si, en fait d’aboutissement, il s’agissait bien plutôt d’un commencement ?
Sur les sentiers de solitude / il y a toujours un arbre à qui parler / et la sensation d’une Présence devient ce plus que possible d’une autre vie après la mort, dont la prescience est de nature à transformer l’être humain par la suture à l’Etre qu’elle effectue en abolissant le non-être – le néant – et surtout, le hasard. Car si cette survivance est une réalité, alors, il existe peut-être un prolongement à notre univers que l’on peut pressentir au détour d’un jeu de pistes – tout juste une trace – qui laisse entrevoir la Voie, antinomique avec le hasard.
Voiles nomme le partir, l’embarquement pour oser la découverte d’une autre réalité cachée derrière le Visible, libre de tout dogme. La poésie nous rappelle que cette autre réalité n’est pas inaccessible, bien au contraire, elle est toujours là, présente, simplement, il ne faut pas Chercher au loin ce qui sans cesse est au plus proche.
L'Atomium est un regard candide jeté sur l'actualité dans la perspective de montrer la possibilité d'une genèse de la spiritualité. L'image de l'Atomium bruxellois désigne un tétraèdre (pyramide) dont on connaît les 3 assises fondamentales mais dont le sommet est l'aboutissement qui recèle une surprise. Il est rédigé sous la forme d'une allégorie, un peu à la façon du premier chapitre du premier livre d'Alain Badiou : Almagestes (Seuil, 1964).
Badiou est un philosophe rigoureux, matérialiste et profondément athée. Mon parcours de vie est marqué par des événements intimes qui m'incitent à porter attention à ce que j'appelle 'l'élément spirituel" qui est antinomique de son rigorisme philosophique. Bien qu'ancien élève (admiratif et reconnaissant) d'Alain Badiou, mes sentiers m'appartiennent.
L'Entonnoir est le récit d'une mésaventure consécutive à un banal accident de vélo.
Dans un univers kafkaïen, l'absence de cohérence est l'ordinaire.
Dans un univers ordinaire, pas plus que dans le précédent, la cohérence du discours n'est un gage de vérité.
Conseil aux lecteurs qui ne sont pas férus d'arithmétique (niveau CM2) : ne pas s'arrêter, continuer jusqu'au bout.



